Communiqué 28 octobre 2020 – Séance du Conseil municipal



Les mesures sanitaires liées au Covid-19 s’invitent dans les commissions. Le groupe municipal du PDC Ville de Genève plaide pour un retour du prix « Femme exilée, femme engagée ». Enfin, les élus démocrates-chrétiens ont voté en faveur des menus végétariens dans les cantines scolaires et ont dit non à la suppression du porc.

La vidéoconférence est désormais fortement recommandée pour les travaux en commissions des élus. Le prix « Femme exilée, femme engagée » fait son retour après avoir honoré plus de 80 femmes entre 2003 et 2012. Les cantines et les repas scolaires étaient également au menu du Conseil municipal lors de la séance de ce soir.

Mesures sanitaires liées au Covid-19 renforcées

Les commissions pourront désormais se dérouler par vidéoconférence. A l’unanimité, le Conseil municipal a levé l’obligation des séances en présentiel pour respecter les mesures sanitaires liées au Covid-19. Le chef de groupe municipal du PDC Ville de Genève, Alain de Kalbermatten, a toutefois émis quelques réserves sur ce dispositif même s’il est nécessaire : « Nous soutenons la motion, et ce, afin que nous puissions être équipés de matériels adéquats. Je suis toutefois sceptique sur la qualité du travail commission par vidéoconférence surtout lorsque nous devons tenir des auditions. Je pense que le côté présentiel est un élément très important pour bien faire notre travail. Je suis surpris qu’au sein de l’administration, nous ne puissions pas siéger en commission dans des salles plus grandes. La Ville de Genève est dotée de passablement d’amphithéâtres ou de salles communales où les distances peuvent être respectées. »

Prix « Femmes exilée, femme engagée »

Par ailleurs, le Conseil municipal a voté à une large majorité la motion 1202 demandant au Conseil administratif que la Ville de Genève reprenne le flambeau de l’organisation d’un prix « Femme exilée, femme engagée », en partenariat avec les associations féminines souhaitant s’engager pour ce projet. « C’est un prix qui ne coûte pas grand-chose à la Ville de Genève mais qui a une grande valeur pour les femmes qui le reçoivent, en termes de reconnaissance, de parcours exceptionnels, de courage, et qui donne aussi un regard nouveau sur les femmes migrantes » souligne la conseillère municipale Alia Chaker Mangeat, signataire de la motion. Ce prix a honoré plus de 80 femmes entre 2003 et 2012.

Cantines scolaires

C’est un oui à deux journées végétariennes dans les cantines scolaires de la Ville de Genève (Motion 1209 amendée avec 40 oui, 0 abstention et 22 non) et un refus à la suppression du porc (Motion 1215 avec 27 oui, 0 abstention et 32 non et Motion 1216 avec 27 oui, 0 abstention et 34 non). Pour rappel, en 2014, la Commission fédérale de l’alimentation recommandait une modération de la consommation de viande, mettant en évidence le fait que les Suisses en mangent trop. En 2015, un rapport de l’Organisation mondiale de la santé mettait en lumière d’autres risques liés à une surconsommation de viande. Il est reconnu qu’il ne faudrait pas en manger à chaque repas. Enseigner de bonnes habitudes alimentaires aux enfants leur permet d’éviter d’éventuels problèmes de santé dans le futur. L’instauration d’une journée végétarienne par semaine dans les restaurants scolaires et les institutions de la petite enfance permet la concrétisation de ce but, tout en découvrant les nombreuses alternatives à la viande et au poisson. Il faut pour cela, dans un premier temps, une stratégie volontariste des collectivités publiques et, dans un deuxième temps, des acteurs parapublics et privés. Le Conseil municipal a souhaité aller plus loin en imposant deux jours de menus végétariens.

La conseillère municipale Alia Chaker Mangeat a rappelé dans ce cadre les conditions difficiles dans lesquelles ces repas s’organisent : « Il faut savoir que les cantines scolaires, ce sont 13 associations de bénévoles qui organisent la distribution de plus de 6’000 repas quotidien dans 48 réfectoires. Cette distribution est faite à flux tendu dans des difficultés organisationnelles avec deux services à midi et des enfants de plus en plus nombreux. Il y a donc des contraintes logistiques qui sont importantes. Nous sommes favorables à un repas végétarien par semaine. Il nous semble difficile d’aller au-delà. »

Sur la question du porc à l’école, il faut rappeler que tout est parti d’une décision de suppression du porc dans les repas scolaires prise par une seule association. Il ne s’agissait pas d’une décision religieuse ou philosophique mais simplement d’une décision pragmatique qui visait à assurer à la fois à chaque enfant un repas complet et à lutter contre le gaspillage alimentaire, dans la mesure où, environ 20% des élèves ne mangeaient pas de porc dans le secteur distribué par cette association.

Sur le fond, le PDC estime qu’il est normal de permettre aux élèves pour des motifs religieux ou autres de ne pas manger de porc ou de viande. Cela appartient à la liberté de chacun, religieuse ou autre, garantie par la Constitution. Selon la démocrate-chrétienne Alia Chaker Mangeat, au nom du groupe : « Nous estimons aussi que les écoles genevoises ne doivent pas établir de menus en fonction des croyances religieuses des uns et des autres ni écarter un plat pour les mêmes motifs. L’école est un espace laïque et surtout un espace de vie où les enfants apprennent à vivre dans le respect de leurs différences culturelle et religieuse. L’école doit rester un espace de dialogue, ce qui consiste notamment en ce fait de proposer un menu de substitution lorsque le porc est servi ».